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    A peine différencié du serpent à ses débuts, le dragon a toujours été considéré comme un reptile. Au fil des siècles, les hommes sesont inspirés des plus impressionnants de ces animaux pour parfaire son image....

    Comme toutes les créatures légendaires, le dragon a été en quelque sorte fabriqué par l'homme à partir d'animaux réels, mais aux traits déformés ou exagérés afin de les rendre plus impressionnants. Ainsi les dragons empruntent les parties de leur corps à diverses espèces choisies pour leur férocité ou leur symbolique : serpent, crocodiles, lions, coqs, chauve souris... Leur apparence est donc fluctuante, mais une constance se dégage : c'est sur un corps reptilien que viennent toujours se greffer les membres empruntés à d'autres animaux.

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    Les reptiles qui ont inspiré les dragons sont, en premier lieu, les serpents. Le terme même de dragon, du grec drakôn, établit le lien entre ces deux espèces : c'est un dérivé du verbe derkomai qui signifie "fixer", "regarder avec intensité", et cette qualité est reconnue dès l'antiquité comme étant le propre des serpents. A cette époque, dragons et serpents n'étaient d'ailleurs pas vraiment différenciés, et les auteurs employaient indiféremment les termes drakôn et ophis (serpent) pour désigner toutes sortes de créatures hybrides empruntant une partie de leur anatomie aux reptiles.

    La découverte de restes d'animaux à l'apparence étrange allait longtemps nourrir les croyances relatives aux dragons. Au Moyen Âge, les dépouilles de crocodiles ramenées d'Orient par les croisés, effrayantes par leur taille et leurs mâchoires prodigieuses, furent bien vite interprétées comme des restes de dragons exotiques. Au XVIIè siècle, dans la région de Mixnitz en Autriche, un crâne fossilisé d'une dimension impressionnante et pourvu de crocs acérés fut attribué à un dragon et servit à renforcer les légendes locales. On sait aujourd'hui qu'il appartenait à un ours des cavernes. De même, une tête de monstre représentée sur un vase corinthien du VIè siècle avant notre ère intrigua longtemps, jusqu'à ce que les spécialistes découvrent qu'il s'agissait d'un crâne fossilisé de giraffidé, datant d'environ 15 millions d'années.

    Mais les prétendues reliques de dragons qui enflammèrent le plus les imaginations furent sans nul doute les restes de dinosaures. Jusqu'au début du XIXè siècle, on ignorait tout de la vrai nature de ces grands reptiles préhistoriques. Partout à travers le monde, des légendes fleurirent autour de ces os et crânes fossilisés aux dimensions gigantestques et aux formes insolites. Ainsi, le bestiaire fantastique des steppes de l'Asie Centrale semble fortement inspiré par les restes d'un dinosaure quadrupède à bec de perroquet (le protoceratops), découvert dans le désert de Gobi. En Bavière, le bourg de Furth im Wald s'énorgueillit depuis des siècles des empreintes de dragon visibles sur de nombreux rochers de la région.... qui sont en réalité les empreintes fossilisées d'un dinosaure ayant vécu il y a 200 millions d'année.

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      Enfin, de nombreux restes de dragons furent aussi fabriqués de toutes pièces, notamment à la Renaissance. Réalisés à partir de la dépouille de serpents morts, ou celles de raie aux nageoires taillées en forme d'ailes, ces étonnant objets alimentèrent longtemps les cabinets de curiosités. Certains sont, aujourd'hui encore, conservés dans les musées d'histoire naturelle.     Si plusieurs animaux portent aujourd'hui le nom de dragon, tous ne sont pas aussi effrayants que la bête légendaire. Ainsi le dragon volant d'Indonésie est un modeste lézard de 20 cm environ, qui possède la capacité de planer sur une dizaine de mètres. Le dragon d'eau australien, quant à lui, peut atteindre 1 m de long. Seul authentique monstre parmi les dragons modernes, le dragon de Komodo est le plus grand lézard actuel. Long de 2,50 m à 3 m, il est muni d'une dentition redoutable, de griffes acérées et d'une épaisse cuirasse d'écailles osseuses. A l'occasion, il ne dédaigne pas de croquer un être humain imprudent.... Le basilic, quand à lui, est aujourd'hui un lézard inoffensif, cousin des iguanes, vivant en Amérique tropicale et connu pour sa capacité à courir sur l'eau.    

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